Rappel anatomique

La pubalgie étant connue comme une lésion invalidante, nous nous devons de la prévenir. Pour cela, une étroite collaboration entre le sportif, l’entraîneur, le médecin et physiothérapeute est nécessaire.

Pubalgie

 

Introduction

L’ostéopathie dynamique du pubis, connue aussi sous le nom de pubalgie ou d’enthésite pubienne est le syndrome douloureux du carrefour pubien (douleur ressentie dans la zone pubienne). Il s’agit d’une douleur diffuse qui s’installe durant des semaines ou des mois, d’abord lors de la réalisation d’activités sportives et ensuite durant l’exécution des activités de la vie quotidienne. L’hypermobilité de la symphyse pubienne est ce qui provoque le plus souvent la douleur. Elle est due à :

  1. La laxité des ligaments pubiens.
  2. Au déséquilibre musculaire entre les adducteurs et le muscle droit de l’abdomen.
  3. À un déficit de mobilité dans l’articulation coxo-fémorale et sacro-iliaque.
  4. À une augmentation des forces de cisaillement dans la symphyse pubienne.
  5. À une antéversion pelvienne (hyperlordose lombaire, etc.)

La pubalgie est normalement d’origine sportive, bien que parfois (dans 10 % des cas) elle soit due à une ostéoarthropathie pubienne dans laquelle des douleurs pubiennes sont aussi ressenties (également chez les sportifs).

Généralement, la pubalgie est classée selon deux formes cliniques :

  1. Ostéoarthropathie pubienne microtraumatique ou pubalgie traumatique : elle survient suite à un traumatisme ou une agression de la symphyse pubienne. Cela peut être dû à une chute sur un pied soulevant une branche pubienne et provoquant le cisaillement du pubis avec étirement des ligaments pubiens et même blocage de la branche pubienne dans la partie supérieure. Une tension subite des adducteurs peut également provoquer une détérioration des ligaments et des insertions musculaires du pubis.
  2. Une pubalgie chronique, qui, selon la zone touchée est due à une pathologie ostéo-tendineuse et musculaire des adducteurs (pubalgie basse) et/ou à une pathologie pariétale abdominale (pubalgie haute). Le bassin est soumis à des tractions musculaires : de haut en bas, les muscles adducteurs (très sollicités chez les sportifs) et de bas en haut les muscles abdominaux (droit et obliques de l’abdomen). Dans la pubalgie haute, on assiste à l’inflammation de l’insertion du muscle droit de l’abdomen et dans la pubalgie basse à l’inflammation des adducteurs.

L’incidence de la pubalgie est plus importante chez les hommes, non pas en raison des différences morphologiques entre les sexes mais à cause des activités « traditionnellement » liées au sexe masculin. Il s’agit d’une maladie professionnelle qui touche principalement les footballeurs (50 % des cas), suivis par les coureurs de longues distances, les joueurs de rugby, les cyclistes et les haltérophiles.

Pour diagnostiquer la pubalgie, il est important de tenir compte d’autres facteurs pouvant provoquer la douleur au pubis. On pense par exemple à la coxarthrose précoce du sportif, la douleur des ligaments sacro-iliaques et ilio-lombaires, aux hernies discales de L1 L2 et L3 qui peuvent engendrer la douleur au pubis ainsi que des douleurs viscérales d’origine rénale ou génito-urinaire.

Les études menées jusqu’à aujourd’hui signalent une série de facteurs déclencheurs du développement de la pubalgie généralement classés en deux grands groupes :

  1. Facteurs intrinsèques : 
    1. Raccourcissement des membres inférieurs
    2. Dysplasie de la hanche
    3. Hyperlordose lombaire
    4. Spondylose
    5. Déficiences de la paroi abdominale
  2. Facteurs extrinsèques :
    1. Mauvaise qualité du terrain sportif (sol glissant ou lourd)
    2. Surentraînement
    3. Mauvais programme d’entraînement
    4. Gestes techniques inadéquats
    5. Mauvais échauffement et retour au calme.

 

Cadre cliniques de la pathologie

 

Prévention de la pubalgie

La pubalgie étant connue comme une lésion invalidante, nous nous devons de la prévenir. Pour cela, une étroite collaboration entre le sportif, l’entraîneur, le médecin et physiothérapeute est nécessaire. La prévention passe par un entraînement programmé et progressif dans lequel tous les facteurs prédisposant doivent être évités et traités.

Le bon travail des muscles abdominaux et les étirements des adducteurs et des ischio-jambiers doivent être effectués à tous les entraînements pour que l’athlète parvienne à un bon équilibre musculaire. Certains préparateurs sportifs conseillent d’effectuer très sérieusement ces exercices au début de la saison comme mesure préventive.

Normes thérapeutiques :

  • À l’apparition d’une lombalgie, le patient devra passer par un repos sportif complet et suffisamment long, entre 40 et 90 jours, afin qu’il récupère de toute lésion tendineuse.
  • Les anti-inflammatoires doivent être prescrits pas le médecin et doivent être de préférence non stéroïdiens. Ils doivent être administrés en doses modérées et décroissantes durant 20 ou 25 jours pour qu’ils soient efficaces sur n’importe quel élément tendineux touché.
  • Avant de reprendre les entraînements, il conviendra d’effectuer la tonification et le renforcement musculaire.
  • La reprise de l’activité sportive doit être progressive et programmée.
  • Le traitement chirurgical est réservé aux patients pour lesquels le traitement médical et physiothérapeutique n’a pas donné de résultats au bout d’environ trois mois.